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LE SPECTRE ROUGE

LE SPECTRE ROUGE

FICHE TECHNIQUE

Titre français : Le Spectre Rouge
Titre original : Le Spectre Rouge
Autres titres : The Red Spectre

Réalisateur : Segundo de Chomón, Ferdinand Zecca
Année : 1907
Pays : France
Musique : /
Genre : Fantastique
Interdiction : /

Casting
?

Compagnie de production : Pathé frères

Première diffusion : 1907 (France)

Durée : 9 minutes


L'HISTOIRE
Dans une grotte baigné par des flammes, un spectre squelettique vêtu d'une cape sort d'un cercueil et va faire une démonstration de ses pouvoirs magiques. Il fait apparaître une farandole de femmes puis les transforme en petites flammes volantes. De nulle part, il fait également apparaître deux autels et à nouveau deux femmes. Il réunit les autels, pose un grand drap dessus et fait s'allonger une des deux femmes. Il l'enveloppe avec le drap et y met le feu. Il fera deux mêmes avec l'autre femme. C'est alors qu'apparaît un esprit de lumière sous l'apparence d'une femme. Cette dernière va venir contrarier les projets du spectre rouge. Celui-ci fait apparaître trois bouteilles vides et y verse de l'eau, révélant le contenu des bouteilles, à savoir trois femmes miniatures. Mais son expérience est arrêtée par le bon esprit. Le spectre rouge poursuit tout de même ses expériences en nous présentant un tableau composé de trois parties pivotantes. Il y fait encore apparaître une jeune femme en fonction de la position des trois parties. Mais le bon esprit vient encore perturber son tour. La guerre est déclarée...

LA FIN DU FILM :
Le spectre rouge se fait adoucir par le bon esprit qui parvient à avoir le dessus et transforme le spectre en véritable squelette, mettant définitivement fin à ses exactions machiavéliques. 

MON AVIS :
Quelle découverte ! Le Spectre Rouge est un petit film de neuf minutes réalisé par Segundo de Chomón. Ce réalisateur espagnol d'origine est venu tourner la plupart de ses films en France après que Pathé lui en fait la demande. Il est, à l'image de Georges Méliès, l'un des pionniers dans le domaine des effets-spéciaux et du cinéma à trucages, dont l'animation et la prise de vue image par image. Il devient d'ailleurs le principal concurrent de Méliès.

Tout comme Méliès, notre génie français, Segundo de Chomón réalisera de nombreux courts-métrages fantastiques, utilisant les techniques d'effets-spéciaux qu'il connait lui aussi sur le bout des doigts : surimpression, incrustation, animation image par image, confection de décors mécaniques et autres joyeusetés lui permettant de créer des univers féeriques, enchanteurs et magiques.

Avec Le Spectre Rouge, réalisé en 1907, il met en scène une sorte de diablotin magicien qui va réaliser plusieurs tours à l'écran. Les effets-spéciaux sont assez renversants pour l'époque, avec des apparitions / disparitions à foison, des femmes minuscules tenant dans des bouteilles (et ce, 28 ans avant La Fiancée de Frankenstein !) et j'en passe. On a l'impression de voir des tours de magie étonnants que n'auraient pas renié les magiciens d'aujourd'hui.

Le costume du spectre est excellent, on s'imagine voir un squelette déambulant dans son repaire maléfique et paré d'une cape majestueuse.

Plus étonnant encore, certains des tours de ce spectre magicien nous sont proposés en gros plan ! En effet, le spectre n'hésite pas à se rapprocher au plus près de la caméra pour bien nous faire voir son matériel. Original !

Si vous êtes fan des films et de l'univers de Méliès, nul doute que vous serez comblés par Le Spectre Rouge, film à trucage éminemment sympathique qui utilise le thème du combat entre le Bien et le Mal pour nous ravir les yeux de ses effets-spéciaux bien en place et inventifs. Je ne connaissais pas ce Segundo de Chomón mais Le Spectre Rouge m'a donné envie d'en savoir plus sur lui. J'espère que ce sera aussi votre cas.

LA SCÈNE MARQUANTE :
Un excellent trucage lors de la scène dans laquelle le spectre rouge utilise un étrange objet qui ressemble à s'y méprendre à un téléviseur, appareil qui ne sera inventé que quelques années plus tard. 

CARACTÉRISTIQUES
- SCÉNARIO : 1/6
- VIOLENCE : 0/6
- GORE : 0/6
- NUDITÉ : 0/6
- APPRÉCIATION GLOBALE : 3/6


QUELQUES PHOTOS

 


LE FILM

EXCURSION DANS LA LUNE

EXCURSION DANS LA LUNE

FICHE TECHNIQUE

Titre français : Excursion dans la Lune
Titre original : Excursion dans la Lune
Autres titres : Excursion to the Moon

Réalisateur : Segundo de Chomón
Année : 1908
Pays : France
Musique : /
Genre : Science-Fiction
Interdiction : /

Casting
?

Compagnie de production : Pathé frères

Première diffusion : 1 février 1908 (Etats-Unis)

Durée : 7 minutes


L'HISTOIRE
Des aristocrates demandent à un groupe de savants de trouver un moyen de les envoyer sur la lune. Les savants ont l'idée d'utiliser un canon géant et de transformer l'intérieur de l'obus pour recevoir l'équipage. Le jour du départ, l'équipage embarque dans l'obus qui est projeté en direction de la lune. Celle-ci avale l'obus et l'équipage se retrouve sur sur la surface lunaire. Ils sont réveillés par une chute de neige puis font connaissance avec le peuple de la lune qui les conduit face à leur roi. Ce dernier est enchanté de rencontrer des terriens et organise une fête avec des danseuses. L'un des membres de l'équipage tombe amoureux de la fille du roi et décide de l'emmener avec lui. Furieux, le roi chasse les terriens...

LA FIN DU FILM :
La garde du roi reconduit l'équipage dans leur obus et pousse ce dernier afin qu'il tombe de la lune. De retour sur Terre, l'équipage est acclamé par les savants et les aristocrates. La fille du roi de la lune faisait également partie du voyage et est toute heureuse de se retrouver sur Terre en compagnie de son fiancé terrien.

MON AVIS :
Si vous avez déjà consulté ce blog et lu la chronique du film Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès, il est impossible que vous n'ayez pas vu des similitudes entre le scénario de ce dernier et celui d'Excursion dans la Lune.

Ce film de Segundo de Chomón, rival de Méliès dans l'art des effets-spéciaux, est en effet un pur remake du film original de 1902. C'est une commande des studio Pathé qui veulent surfer sur le succès mondial du film de Méliès et proposer une nouvelle version. Mais une version moins coûteuse, ce qui explique qu'Excursion dans la Lune dure moitié moins de temps que Le Voyage dans la Lune.

On y retrouve de nombreuses scènes totalement calquées sur celles du film original, à quelques variantes près. Par exemple, l'obus qui sert de fusée ne va pas atterrir dans l’œil de la lune mais dans la bouche de cette dernière. Une légère différence mais au niveau de la réalisation et des effets visuels, c'est du pur copié-collé, comme en témoigne l'une des photos ci-dessous.

Avec moitié moins de temps, Segundo de Chomón va à l'essentiel et n'a guère le temps de s'attarder sur les préparatifs du voyage, au contraire du film de Méliès. Les savants imaginent le vol vers la lune grâce au canon et hop, on passe directement à l'embarquement dans l'obus-fusée, alors que Méliès prenait le temps de nous montrer l'atelier de construction de la fusée par exemple.

Une fois sur la lune, on retrouve la chute de neige, les champignons géants et le peuple des Sélénites.  Ne vous laissez pas abuser par la superbe affiche du film concernant ces derniers, ce ne sont que des acteurs costumés de manière fort simple, qui ne ressemblent en rien aux espèces d'hommes-grenouilles verts de l'affiche. Dommage d'ailleurs.

Dans Excursion dans la lune, le roi est heureux de voir des terriens et leur offre un numéro de danse, dont on aurait fort bien pu se passer car il n'apporte rien au film lui-même. Autre différence avec le film de Méliès, les terriens sont chassés de la lune par la roi alors que dans le film original, ils s'enfuyaient à toute jambe, apeurés par le comportement hostile des Sélénites.

Bien moins intéressant que le film de Méliès, Excursion dans la Lune reste agréable à visionner mais pour qui a vu Le Voyage dans la Lune, il n'offre que peu d'intérêt au final. C'est une sorte de version allégée qui se contente de copier sans apporter de réelles nouveautés, que ce soit au niveau de l'histoire ou des effets-spéciaux.

Excursion dans la Lune est-il le premier remake de l'histoire du cinéma ? Non, car c'est à Georges Méliès qu'on le doit, avec Card Party réalisé en 1896 et qui est un remake de Card Game des Frères Lumières. Il doit par contre être le premier plagiat cinématographique réalisé pour concurrencer l'oeuvre d'une firme rivale. Comme bien souvent avec les remakes, on lui préférera largement le film original !

LA SCÈNE MARQUANTE :
Pour expliquer son projet de manière plus simple qu'avec des formules mathématiques, l'un des savants utilise un tableau noir. Apparaît alors la lune, la Terre qui tourne sur elle-même et l'obus qui part de cette dernière vers l'astre lunaire. Un effet visuel vraiment très chouette !

CARACTÉRISTIQUES
- SCÉNARIO : 1/6
- VIOLENCE : 0/6
- GORE : 0/6
- NUDITÉ : 0/6
- APPRÉCIATION GLOBALE : 2/6


QUELQUES PHOTOS

 

 

LE FILM

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES (1903)

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES


FICHE TECHNIQUE

Titre français : Alice au Pays des Merveilles
Titre original : Alice in Wonderland
Autres titres : Alice's Adventures in Wonderland

Réalisateur : Cecil M. Hepworth, Percy Stow
Année : 1903
Pays : Angleterre
Musique : /
Genre : Fantastique
Interdiction : /

Casting
May Clark (Alice)
Mrs. Hepworth (le lapin blanc / la reine rouge)
Cecil M. Hepworth (la grenouille)
Norman Whitten (le poisson)
Geoffrey Faithfull (une carte)
Stanley Faithfull (une carte)

Compagnie de production : Hepworth

Première diffusion : mai 1903 (Angleterre)

Durée : 12 minutes


L'HISTOIRE
Alice se prélasse dans un jardin. Soudain, elle voit passer un lapin blanc géant et décide de le suivre dans son terrier. Là, elle est dans une pièce totalement vide à l'exception d'une porte. Mais la porte est toute petite et Alice ne peut emprunter ce passage. Une table apparaît ainsi qu'une bouteille sur laquelle est accrochée une étiquette "bois-moi". En buvant le liquide, Alice se met à rapetisser et elle peut passer par la porte. Elle se retrouve dans la maison du lapin blanc. Elle trouve une boite sur laquelle est écrit "mange-moi". Alice retrouve alors sa taille normale, ce qui lui complique bien la vie car elle est trop grande pour la maison du lapin blanc. Elle parvient toutefois à sortir et fait la connaissance du chat de Cheshire qui l'envoie à la rencontre du chapelier fou. Alice est invité par la reine rouge qui participe à un défilé de son armée de cartes dans la rue. Sans le vouloir, Alice provoque la reine qui demande à son bourreau de lui couper la tête...

LA FIN DU FILM :
Alice ne se laisse pas faire et envoie valser le bourreau. La reine rouge ordonne à son armée de cartes de poursuivre la jeune fille qui prend ses jambes  à son cou. Alice se réveille alors dans le jardin : tout n'était qu'un rêve...

MON AVIS :
Voici la première adaptation cinématographique du célèbre roman de Lewis Carroll. A l'origine, cette version avait une durée de 12 minutes mais les copies ont été détruites pour la quasi majorité et il ne reste plus à ce jour qu'une seule copie du film, malheureusement incomplète. Le British Film Institue a restauré cette unique copie qui dure approximativement 8:19 minutes dorénavant, ce qui explique certaines transitions un peu abruptes entre deux scènes différentes qui n'ont pas toujours une réelle continuité. 

Ce court-métrage est en tout cas des plus sympathiques et on y retrouve tout ce qui fait le charme du roman, servi par des effets-spéciaux parfois rudimentaires (le lapin blanc, la grenouille ou le poisson sont simplement des acteurs dans des costumes d'animaux !) mais aussi ingénieux (Alice qui rapetisse ou grandit ; l'apparition du chat du Cheshire en image incrustée). Les décors naturels correspondent bien à l'ambiance voulue et les costumes sont de bonne qualité, notamment ceux des enfants habillés en carte à jouer. 

L'aspect parfois un peu brut de décoffrage est explicable par le fait que cette copie est incomplète. De plus, il n'y a que cinq "cartons" explicatifs qui seront proposés aux spectateurs et ceux qui ne connaîtraient pas du tout l'univers d'Alice au Pays des Merveilles seront certainement un peu paumé devant ces aventures fantastiques dans lesquelles ont peut voir un bébé se transformer en cochon ! 

En fait, les deux réalisateurs du film, Cecil M. Hepworth et Percy Stow, voulaient mettre en image les illustrations que Sir John Tenniel avaient dessiné pour le roman de Lewis CarrollCecil M. Hepworth a choisi sa propre femme pour interpréter la méchante reine rouge quant lui-même s'est octroyé le personnage de la grenouille.

Alice au Pays des Merveilles version 1903 n'a certes rien d'un grand film mais cette production, dont la durée était la plus longue jamais conçue en Angleterre à l'époque, se veut respectueuse envers le livre d'origine et propose une mise en scène dynamique. Le résultat pourrait apparaître comme anecdotique mais pour une première adaptation, ce n'est franchement pas si mal que ça ! 

LA SCÈNE MARQUANTE :
L'apparition du lapin blanc devant Alice qui s'empresse de le suivre dans son terrier.

CARACTÉRISTIQUES
- SCÉNARIO : 3/6
- VIOLENCE : 0/6
- GORE : 0/6
- NUDITÉ : 0/6
- APPRÉCIATION GLOBALE : 2/6


QUELQUES PHOTOS :

 

 


LE FILM :


LE VOYAGE DANS LA LUNE

LE VOYAGE DANS LA LUNE



FICHE TECHNIQUE

Titre français : Le Voyage dans la Lune
Titre original : Le Voyage dans la Lune
Autres titres : A Trip to the Moon

Réalisateur : Georges Méliès
Année : 1902
Pays : France
Musique : /
Genre : Science-fiction
Interdiction : /

Casting
Georges Méliès (Professeur Barbenfouillis / la lune)
Henri Delannoy (Capitaine de la fusée)
Bleuette Bernon (Reine des Sélénites)
Brunnet (un astronaute)
Kelm (un astronaute)
Farjaut (un astronaute)

Compagnie de production : Star-Film

Première diffusion : 1 septembre 1902 (France)

Durée : 14 minutes / 16 minutes (édition restaurée colorisée)


L'HISTOIRE
Devant une assemblée de savants, le professeur Barbenfouillis expose son projet d'aller sur la lune. Applaudi autant que critiqué par ses confrères, il se rend avec les participants à l'expédition sur le chantier de construction. Là, les ouvriers s'affairent à terminer la construction d'un obus dont l'intérieur servira de cabine à l'équipage. Quand le grand jour arrive, Barbenfouillis et ses acolytes prennent place à bord de l'obus qui est placé dans un énorme canon. L'obus est expédié dans l'espace et vient se ficher en plein dans l’œil de la lune. Une fois débarqué sur l'astre lunaire, Barbenfouillis découvre des paysages fantastiques. Fatigués de leur voyage, le professeur et ses assistants s'endorment à même le sol. Une tempête de neige lunaire les oblige à se cacher à l'intérieur d'un cratère. Là, ils découvrent l'existence de champignons géants mais font aussi connaissances avec d'étranges créatures, les Sélénites. Capturés par ces derniers, Barbenfouillis et les astronautes sont conduits auprès de la reine des Sélénites... 

LA FIN DU FILM :
Refusant d'être prisonnier, Barbenfouillis se bat avec les créatures à coup de parapluie et parvient à se débarrasser de la reine. Avec ses compagnons, il regagne sa fusée et tente de la faire tomber de la lune pour regagner la Terre. Ils seront récupérés par un bateau et une grande fête aura lieu sur la place publique pour célébrer leurs exploits. La foule découvre également un Sélénite qui a été ramené sur Terre...

MON AVIS :
Au début de l’ère cinématographique, les Frères Lumières faisaient de petits films sur les événements de la vie de tous les jours. Un autre réalisateur va alors décider de faire rêver les spectateurs en leur proposant des films féeriques, étranges, insolites. Son nom : Georges Méliès. Né à Paris le 8 décembre 1861, le jeune Méliès travaille pendant un temps dans l’entreprise de chaussures de son père avant de partir à Londres pour apprendre les techniques de prestidigitations. En 1888, il achète le Théâtre Robert-Houdin et grâce à ses connaissances dans diverses techniques telles la menuiserie, la mécanique, le dessin, le décor théâtral et la prestidigitation, il va proposer aux spectateurs des représentations bourrées de trucages qu’il confectionne lui-même.

Il s’intéresse alors très vite au cinéma, construit sa première caméra et découvre le premier trucage de l’histoire du cinéma (la substitution) suite à un arrêt non désiré de l’engin ! Méliès va alors se lancer dans la réalisation de film avec trucages. En 1902, il invente le film de science fiction avec Le Voyage dans la Lune, avec lequel il fait découvrir des mondes fantastiques aux spectateurs. Il ne cesse de tester et d’inventer de nouveaux trucages comme les caches, la surimpression, la superposition, les fondus, le gigantisme, la multiplication des personnages, procédés qui sont encore utilisés de nos jours. Il crée également le premier studio de cinéma, pour contrer les difficultés de filmer en plein air (ce studio sera détruit en 1947).

Tous les réalisateurs de films fantastiques, tous les techniciens travaillant dans le monde des effets spéciaux peuvent remercier Georges Méliès. Sa contribution au genre est faramineuse ! C’est bien simple, on lui doit quasiment tout ! Il est alors bien dommage que les futurs réalisateurs français aient délaissé le cinéma fantastique et ne se soient pas engouffrés par la porte que Méliès avait ouverte. 

Concernant son oeuvre la plus connue, Le Voyage dans la Lune donc, on a réellement affaire à un petit bijou de poésie et d'imagination. Ce court-métrage est avant tout une comédie satirique qui ne s’embarrasse guère du cartésianisme typiquement français. Pensez-vous, qui aurait l'idée d'envoyer un obus tiré d'un canon géant sur la lune ? Cette idée farfelue, qui provoque d'ailleurs l'indignation des confrères scientifiques du professeur Barbenfouillis au début du film, fait tout le charme de l'oeuvre de Méliès et lui vaudra un cliché connu du monde entier : celui de l'obus planté dans l’œil de la lune. Même si vous n'avez pas vu le film, il est impossible de ne pas connaître cette image. 

Cette expédition improbable va pourtant être couronnée de succès puisque Barbenfouillis et son équipage atterriront bien sur l'astre lunaire ! Méliès va alors s'activer à utiliser tous les procédés qu'il a inventé en terme d'effets-spéciaux pour nous convier à un petite excursion en territoire inconnu. Peinture, surimpression, disparition de personnages, Sélénites qui explose dans un nuage de fumée, champignons qui grandissent, rêves poétiques et décors travaillés nous font vivre une aventure hors du commun, drôle et distrayante. Les idées fusent, s'enchaînent sans temps morts et il faut bien l'avouer, revoir ce film quelques 114 ans plus tard nous émeut et nous impressionne, tant la maestria des images et des effets-spéciaux proposés éclatent à l'écran. 1902 ! C'est juste incroyable. Bien sûr, Le Voyage dans la Lune se montre très théâtrale et on assiste à une succession de scénettes qu'on croiraient sorties d'une pièce de théâtre. La grammaire cinématographique n'est pas encore vraiment présente dans cette oeuvre, qui se regarde comme un point de passage, une transition entre théâtre et cinéma justement. Le charme, lui, opère à 100%.

A noter qu'une version colorisée à la main fût également présentée aux spectateurs de l'époque !

LA SCÈNE MARQUANTE :
Rien de bien original dans mon choix mais la scène marquante du film reste pour ma part celle dans laquelle l'obus atterrit dans l’œil de la pauvre lune qui ne s'y attendait pas ! Un visage de lune qui camoufle celui de Georges Méliès lui-même !

CARACTÉRISTIQUES
- SCÉNARIO : 3/6
- VIOLENCE : 0/6
- GORE : 0/6
- NUDITÉ : 0/6
- APPRÉCIATION GLOBALE : 4/6


QUELQUES PHOTOS :

 

  


LE FILM :


LE MANOIR DU DIABLE

LE MANOIR DU DIABLE

FICHE TECHNIQUE

Titre français : Le Manoir du Diable
Titre original : Le Manoir du Diable
Autres titres : The Haunted Castle / The House of the Devil

Réalisateur : Georges Méliès
Année : 1896
Pays : France
Musique : /
Genre : Fantastique
Interdiction : /

Casting
Georges Méliès (Mephistopheles)
Jeanne d'Alcy

Compagnie de production : Star-Film

Première diffusion : 1896 (France)

Durée : 3:18 minutes


L'HISTOIRE
Une chauve-souris géante entre dans la pièce principale d'un château. Elle se transforme en Méphistophélès. Grâce à ses pouvoirs magiques, il fait apparaître un chaudron et un bossu. Du chaudron, il fait apparaître une femme et diverses créatures. Puis, entendant du bruit, il fait tout disparaître et utilise sa cape d'invisibilité pour passer lui aussi inaperçu. Deux hommes pénètrent dans le château. Le bossu, qui semble invisible à leur yeux, s'amuse à les effrayer avec une fourche. L'un des hommes s'enfuit. Le second visiteur essaye de s'asseoir sur un siège mais ce dernier ne cesse de bouger tout seul. Puis un squelette apparaît sur le siège. L'homme dégaine son épée et frappe le squelette qui se transforme en chauve-souris. Il veut l'attraper mais elle redevient Méphistophélès. Le visiteur veut s'enfuir mais des fantômes lui bloque le passage. Méphistophélès fait apparaître de nouveau la femme du chaudron. Le visiteur tombe sous son charme mais elle se transforme en sorcière. Quand il veut se défendre, d'autres sorcières apparaissent. Le premier visiteur revient au château aider son compagnon malgré sa peur. Terrorisé à nouveau, il saute par le balcon.

LA FIN DU FILM :
Le visiteur restant n'arrive pas à s'enfuir, pourchassé par Méphistophélès. Il réussit à se saisir d'une croix et parvient à vaincre Méphistophélès.

MON AVIS :
Peut-on considérer Le Manoir du Diable comme étant le tout premier film fantastique ? C'est fort possible. Au début du cinéma, la majorité des films mettaient en scène des événements de la vie quotidienne. Georges Méliès décide de proposer autre chose au public, de le faire rêver et de l'emmener dans des mondes fantastiques. Grâce à sa connaissance et sa passion des effets-spéciaux, il va réussir largement ce pari, avec, entre autre, son célèbre premier film de science-fiction : Le Voyage dans la Lune, réalisé en 1902.

Mais six ans avant ce petit classique, Méliès nous offrait déjà une histoire singulière qui sortait totalement du carcan de la réalité avec Le Manoir du Diable. Un court-métrage de trois minutes et quelques secondes, qui bénéfice du savoir-faire en terme d'effets visuels de Méliès, avec, au programme : une chauve-souris se transformant en diable, des apparitions/disparitions de personnages ou d'objets, des fantômes, des sorcières, des hommes effrayés et déjà, la thématique de la lutte du Bien contre le Mal, avec comme arme ultime un crucifix !

On pourrait d'ailleurs voir dans la scène de la chauve-souris se transformant en humain diabolique une première approche du vampirisme, même si au final, l'homme n'est pas un vampire. De même, l'utilisation d'une croix pour vaincre le Mal n'est pas anodin et renvoie à nouveau au mythe du vampire.

Je ne sais pas si le but de Méliès était de faire peur ou d'amuser le public avec ce film. La scène avec le tabouret qui disparaît à multiples reprises peut être considérée en effet comme un gag, une farce faite à ce malheureux visiteur. Les apparitions des fantômes ou des sorcières ont certainement effrayé les spectateurs de l'époque, les effets visuels étant certes rudimentaires mais efficaces et relevant du jamais vu sur un écran.

En tout cas, on assiste durant ces trois minutes et des poussières à de multiples effets visuels qui emmènent les spectateurs bien loin de leur univers quotidien. Chapeau monsieur Méliès.

LA SCÈNE MARQUANTE :
Si j’étais un spectateur de 1896, je pense que la première scène montrant une chauve-souris devenant subitement un homme habillé comme un diable a du être sacrément impressionnante. 

CARACTÉRISTIQUES
- SCÉNARIO : 3/6
- VIOLENCE : 0/6
- GORE : 0/6
- NUDITÉ : 0/6
- APPRÉCIATION GLOBALE : 3/6


QUELQUES PHOTOS

 

LE FILM